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L’inefficacité de l’aide international ou la malédiction des ressources naturelles en Afrique ?

word-could-africa-aidL’Afrique est riche en or, diamants, pétrole et autres ressources naturelles désirées. Pourtant, il n’a pas réussi à capitaliser sa richesse, son infrastructure est peu développée, ses économies sont petites et peu sophistiquée, et ses habitants se morfondent dans la pauvreté. Une chose que j’ai apprise de mon travail d’une année en Afrique de l’Ouest est la suivante: L’aide entrave l’autonomie et l’initiative. Une fois un gouvernement devient financièrement dépendant, souvent il tourne le dos à ses  citoyens. 

Depuis la colonisation, les pays occidentaux ont toujours eu l’obligation de soutenir les anciens territoires coloniaux en terme de développement. Les gouvernements coloniaux avaient mis en place des structures sociales, politiques et économiques en Afrique. Cependant, après l’indépendance, les Africains n’ont pas été formés pour savoir comment gérer et développer les ressources prospères dont le continent dispose.

De 1945 à nos jours, les pays occidentaux ont injecté des Milliards de dollars pour financer des projets de développement en Afrique. Les Statistiques en ligne sur le développement international (SDI) de l’OCDE démontrent clairement les chiffres. L’Afrique reçoit la plus grande partie de l’aide international, soit 36%. L’aide publique au développement (APD) au continent, constate le Conseiller Spécial pour l’Afrique, a grimpé de 11 à 44 Milliards $ au cours des quatre dernières décennies. Selon le Rapport 2012 de l’Africa Progress Panel intitulé «Emploi, justice et équité: Les opportunités à saisir en période de bouleversements», seulement entre 2000 et 2008, l’APD est passé de 12 $ à 36 milliards $. En revanche, la valeur de la rente des ressources naturelles est passé de 39.2$ à 240 milliards $. En 2011, l’aide s’est chiffrée à 26.2 milliards USD selon l’OCDE. L’APD de l’Afrique est délivrée en grande partie sous la forme d’un allègement de la dette et d’une aide d’urgence.

Deux ans nous sépare des Objectifs du Millénaire pour le développement de 2015 est la moitié de l’Afrique est toujours pauvre.

Nombreux ceux qui pensent que le continent est victime de la malédiction des ressources naturelles. La Banque Mondiale s’engage à éradiquer la pauvreté d’ici 2030. Chez un bon nombre des pays Africains qui éprouvent une mauvaise gouvernance, l’aide étranger ne fait que perpétuer le problème et accroître la corruption. Dr. Moyo Dambisa, une économiste internationale Zambienne parcours le monde pour sensibiliser la communauté internationale sur l’inefficacité de l’aide international à l’Afrique.  Dans son livre «L’aide fatale », Dr. Moyo constate que l’habitude de donner de l’aide aux pays corrompus est devenue un cycle de mauvaises affaires. La plupart des organismes prêteurs mesurent leurs taux de réussite sur la base de l’abondance du portefeuille d’un donateur plutôt de savoir si cette aide va effectivement là où elle est destinée.   

Les ONG locales qui voient leurs capacités renforcées grâce à l’aide étranger ne deviennent pas nécessairement autonomes. L’utilisation inappropriée ou le détournement de fonds versés aux partenaires locaux et l’insuffisance d’accompagnement et l’évaluation des projets de développements continuent à entraver l’efficacité de l’aide.

Bien que la thèse de Dr. Moyo parait exagérée et sévère envers l’aide international, elle appelle les États africains à mettre l’accent sur le commerce afin de passer de la condition de pays exportateurs de matières premières à l’échelon de pays manufacturiers. Chose que les pays asiatiques sont en train de faire en Afrique. 

Oxfam est parmi les organisations internationales qui tentent à répondre à la récente vague de critiques «dangereux» de l’aide à l’étranger. Dans les rapports intitulés l’aide du XXIe siècle: Reconnaître les réussites et corriger les failles, l’organisme admet que l’aide à l’étranger “a ses failles”, mais dans l’ensemble il stimule la croissance économique en améliorant des services de santé, en donnant des millions d’enfants l’accès à une éducation et soutenant les moyens de subsistance des populations pauvres.

Le nouveau rapport sur les progrès en Afrique nous donne des bonnes réponses à la problématique de développement en Afrique. Il nous interpelle sur la transparence et la bonne gouvernance dans la gestion des ressources naturelles. Les pertes subies par l’Afrique, sous la forme de sorties de capitaux illicites, stipule le Rapport, représentent deux fois plus que ce qu’elle reçoit en aide internationale.  Kofi Annan, président de l’Africa Progress Panel hèle les pays Africains à adopter des systèmes transparents sur les enchères, les concessions, les licences, les investissements et la fiscalité en matière des ressources naturelles. M. Annan ne crois pas à la thèse de la malédiction des ressources naturelles. Le Rapport d’Open Society Initiative for West Africa (OSIWA) sur “La gestion des ressources naturelles en Afrique de l’Ouest dans 7 pays d’Afrique de l’Ouest considère que les pays Africains peuvent vraiment gérer leurs ressources de telle manière que cela devienne une bénédiction. Le Rapport cite en exemple de la Norvège et le Canada qui possèdent de vastes réserves en pétrole et autres sources d’énergie.

Le Rapport mondial de suivi sur l’EPT 2012 estime que les recettes des ressources minières accrues de 13 pays d’Afrique subsaharienne seraient suffisantes pour permettre à 10 millions d’enfants déscolarisés d’accéder à l’éducation. Aujourd’hui, les pays Africains émergents sont convaincus que la pauvreté ne pourra être réduite sans le décollage de la croissance. Beaucoup des Africains commencent à sentir l’intérêt de l’entrepreneuriat plus que l’aide. Le rapport Perspectives économiques en Afrique (PEA) permet de constater que l’Afrique a enregistré la croissance la plus rapide au cours de la dernière décennie.

Si l’Afrique progresse sur le front du développement humain, son évolution se heurte toujours à des inégalités persistantes et des investissements insuffisants dans le capital humain. Les revenus qui proviennent des ressources naturelles devraient lui permettre de diversifier son économie. L’efficacité de l’aide international au pays Africains requiert un effort stratégique coordonné à l’échelle internationale qui couvre la politique, la sécurité et les domaines socio-économiques d’un pays.

 Des outils d’analyse de données:

AidFlows est un outil conçu conjointement par l’OCDE, la Banque mondiale et la Banque asiatique de développement pour visualiser d’où vient et où va l’aide au développement dans le monde.

aiddata est une base de données en ligne qui rassemble des outils et ressources pour utiliser, partage et interpréter de l’information sur près d’un million d’activités d’aide au développement à travers le monde. L’outil est une initiative conjointe de Development Gateway, le College of William and Mary et l’Université Brigham Young. Le logiciel Aiddata améliore la transparence et la bonne gouvernance ainsi que  la géolocalisation de l’Aide pour plus d’Impact.

Africaneconomicoutlook combine l’expertise de la Banque africaine de développement, du Centre de développement de l’OCDE, de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, du Programme des Nations Unies pour le développement ainsi que celle d’un réseau des groupes de réflexion et centres de recherche africains.

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